Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
EFEL Power

La high-tech européenne poursuit son lent déclin ! - par Romain Gueugneau (Les Échos)

25 Février 2014 , Rédigé par EFEL Power Publié dans #Le numérique en Europe

La high-tech européenne poursuit son lent déclin ! - par Romain Gueugneau (Les Échos)

La High Tech Européenne recule (surtout B2C)! Il est urgent de passer à EFEL Power.

Une étude du cabinet AT Kearney dresse un portrait alarmiste du secteur en Europe. Après le rachat de Nokia (mobiles), seuls 8 groupes européens figurent dans le Top 100 mondial.

Ce n'est plus qu'une question de semaines. D'ici à la fin du trimestre, la division mobile de Nokia battra pavillon américain après la finalisation du rachat par Microsoft. Avec cette opération, l'Europe perd l'un de ses fleurons et voit son poids dans la high-tech mondiale décliner. D'après une étude publiée aujourd'hui par le cabinet AT Kearney, seuls 8 groupes européens (après la cession de Nokia) figurent désormais dans le classement des 100 premiers groupes high-tech dans le monde (basé sur les revenus). Il y a deux ans, ils étaient encore 12. Mais les acquisitions, comme celle de la SSII Logica par le canadien CGI, et la croissance soutenue des américains et des asiatiques ont encore réduit le contingent des entreprises issues du Vieux Continent.

Un manque de vision aussi

La faiblesse de la high-tech européenne, depuis quelques années, n'est malheureusement plus une surprise. « Mais la situation s'aggrave », s'inquiète Hervé Collignon, associé chez AT Kearney et coauteur de l'étude. L'Europe reste pourtant l'un des grands consommateurs de produits et de services technologiques, avec un quart du marché mondial (678 milliards de dollars). « La demande est là, le problème c'est l'offre », poursuit Hervé Collignon. Complètement absents des produits grand public, où dominent des géants comme Apple et Samsung, les européens s'illustrent uniquement sur les marchés professionnels : services informatiques (Capgemini, Atos, T-Systems), logiciels (SAP), semi-conducteurs (STMicroelectronics), équipements télécoms (Ericsson, NSN, Alcatel-Lucent). L'Europe est certes en pointe sur des marchés de niche, comme l'identité numérique, avec Gemalto, ou les logiciels 3D, avec Dassault Systèmes, mais ces entreprises ne pèsent pas lourd face aux géants de la high-tech mondiale.

Dans son rapport, AT Kearney liste les raisons de ce décrochage. La conjoncture en est une, alors que les grandes entreprises européennes réalisent 45 % de leurs revenus sur le continent. L'accès au financement est un autre problème. Les auteurs de l'étude rappellent que l'Europe investit chaque année 15 milliards de dollars de moins que les Etats-Unis via ses fonds de capital-risque. Même le leader mondial du streaming musical, le suédois Spotify, est obligé de s'appuyer sur des fonds américains pour financer sa croissance, rappelle le cabinet.

Autre sujet préoccupant : la R&D. Là aussi, les investissements sont moindres par rapport aux autres régions du globe. L'Europe dépense un point de PIB de moins que les Etats-Unis et 1,5 point de moins que le Japon. Seuls deux européens (Ericsson et Alcatel-Lucent) figurent parmi les dix principaux dépositaires de brevets sur le continent (Samsung et LG dominent). En outre, les innovations ne seraient pas assez orientées sur des débouchés commerciaux. Le plus grave résiderait néanmoins dans le déficit de vision stratégique de la high-tech européenne. « Certains virages ont été mal négociés », regrette Hervé Collignon. Dans le mobile, l'exemple de Nokia est symptomatique : l'ex-numéro un mondial a raté le coche dans les smartphones, laissant le champ libre à Apple et Samsung. « Les Chinois, les Coréens et les Américains bâtissent des plans stratégiques à 10 ou 15 ans, avec une stratégie industrielle nationale assumée, ajoute l'associé. Ce n'est pas forcément le cas en Europe ».

Malgré ce constat pessimiste, tout n'est pas perdu pour autant. Les auteurs de l'étude remarquent une réelle prise de conscience de la part des politiques, au niveau national comme communautaire. Bruxelles a finalisé un programme d'investissement de 80 milliards d'euros (Horizon 2020), centré sur les nouvelles technologies. Un budget supérieur de 25 % au plan actuel.

Source : Romain Gueugneau - Les Échos

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article